Chang’E et la Lune — quand le mythe chinois rencontre le théâtre total
Une déesse coincée sur Terre. Un astronaute dont elle est tombée amoureuse. Et une compagnie parisienne qui mêle théâtre physique, musique live et vidéomapping pour raconter une histoire vieille de 2 300 ans avec une modernité déconcertante.

- Quoi
- Chang’E et la Lune, Collectif Le Manège
- Où
- Guichet Montparnasse
- Quand
- Du 29 mai au 28 Juin les vendredi, samedi et dimanche
- Prix
- À partir de 19,50 euros
- Durée
- 1h15
- Type
- Pièce de Théâtre
Ce qu'il faut savoir.
Réponse directe : quoi, où, quand.
Sur scène, une femme immortelle tente de rejoindre la Lune. Autour d’elle, des paysages mouvants apparaissent en projections, des silhouettes surgissent dans l’obscurité, des percussions résonnent en direct et les corps traversent l’espace comme dans un rêve étrange. Avec Chang’E et la Lune, le collectif Le Manège propose une forme théâtrale hybride, entre conte contemporain, performance visuelle et épopée sensorielle. Inspirée d’un mythe chinois datant du IIIe siècle avant J.-C., la pièce raconte l’histoire de Chang’E, déesse de la Lune devenue prisonnière de la Terre après avoir suivi l’astronaute Houyi. Mais derrière cette aventure fantastique se cache une réflexion beaucoup plus contemporaine : notre rapport obsessionnel au temps, à la vitesse et à la peur de vieillir. Fondé en 2023 par Emma Varichon et Clara Saadoun, le collectif Le Manège développe depuis plusieurs créations un théâtre immersif mêlant jeu physique, musique live et projections animées. Ici, la scénographie, la lumière et le son ne servent pas simplement d’accompagnement : ils participent directement à la narration.
Pourquoi y aller ?.
Parce que Chang’E et la Lune ne ressemble pas vraiment à une pièce de théâtre traditionnelle : c’est une expérience visuelle, musicale et physique pensée comme un voyage immersif.
Le spectacle impressionne d’abord par sa direction artistique. Les projections animées en vidéomapping, inspirées notamment du travail de Michel Ocelot, transforment constamment l’espace scénique : montagnes, forêts, mers ou paysages lunaires apparaissent dans un univers graphique vibrant et mouvant. Mais ce qui rend la pièce particulièrement intéressante, c’est la manière dont tous les éléments dialoguent ensemble. Musique live, théâtre d’ombres, chorégraphies collectives, travail corporel et jeu proche du conte créent une forme très rythmée, parfois drôle, parfois mélancolique, qui cherche moins à expliquer qu’à faire ressentir. Derrière son esthétique presque féerique, Chang’E et la Lune parle pourtant d’un sujet profondément contemporain : la peur du temps qui passe et la difficulté à ralentir dans un monde obsédé par la vitesse et la performance.
Le dispositif scénique est d’une intelligence rare pour une compagnie aussi jeune. Un unique cadre en bois avec des pans de tissus blancs — à la fois décor, écran de projection et espace d’ombres chinoises. La scénographie évolue avec Chang’E, portant le poids de son voyage. Octave Bessaignet, musicien live sur scène, joue scie musicale, percussions et synthés en temps réel — il est le chef d’orchestre de la narration, pas un accompagnateur.
Notre conseil.
Laissez-vous porter par les images et les sensations : la pièce fonctionne davantage comme une immersion émotionnelle que comme un récit purement linéaire.
FAQ.
Ce qu’il faut savoir avant d’entrer dans l’univers hybride et immersif de Chang’E et la Lune.
01Faut-il connaître le mythe original pour comprendre la pièce ?
Non. Le spectacle s’inspire librement du mythe chinois de Chang’E mais le réinterprète dans une forme très contemporaine. La pièce fonctionne avant tout comme une expérience sensorielle et émotionnelle accessible même sans connaître l’histoire d’origine.
02À quoi ressemble visuellement le spectacle ?
La mise en scène mêle projections animées, théâtre d’ombres, lumière, tissus modulables et jeu physique. L’ensemble crée une esthétique très proche du conte visuel ou du cinéma d’animation.
03Pourquoi la pièce parle-t-elle autant du temps ?
Le spectacle part d’un mythe autour de l’immortalité pour interroger notre époque contemporaine, où la vitesse, la productivité et la peur du vieillissement occupent une place centrale.