

Un titre tiré d’un film sur l’enfance abîmée. Une phrase prononcée par un enfant qui a oublié ce qu’il a vécu, et qui l’a remplacé par des extraterrestres.
Ymane Chabi-Gara revient avec une expo qui fait mal doucement. Après les hikikomori, elle s’attaque à un autre enfermement : celui de la cellule familiale. Des chambres d’enfants trop bien rangées. Des jouets qui cachent l’horreur. Des pièces où quelque chose s’est passé, mais où rien ne le dit vraiment.
Ses grandes toiles à l’acrylique sur contreplaqué reconstituent des intérieurs tirés du cinéma de Gregg Araki et Yorgos Lanthimos. Des espaces banals, presque confortables, traversés par une violence sourde. Le scotch laisse des fantômes sous la peinture. Les visages n’ont pas d’yeux.
Et partout, des avions en origami. Fragiles, patients, tendres. Et aussi, si on y regarde bien, des bombardiers de papier.
Galerie kamel mennour 47 rue Saint-André des Arts, 6e Jusqu’au 25 juillet 2026 Entrée libre — Du mardi au samedi, 11h-19h
Gratuit