

Chillida a passé sa vie à sculpter l’espace — le vide autant que la matière. Ce qu’il faisait dans le fer et la pierre, il le cherchait aussi sur papier. Ces estampes montrent un artiste qui ne grave pas pour illustrer mais pour penser. Le noir traduit la densité, le blanc son absence. Parfois il inverse tout. Il étudie les accidents de la plaque, provoque les imprévus, choisit le grain du papier comme on choisit un matériau. Une œuvre gravée dense, limitée, exigeante — à l’image du reste. Un détail qui dit tout : Chillida exposait déjà dans cette galerie en 1950, aux côtés d’Alechinsky. Sa première exposition personnelle ici date de 1956, avec un catalogue préfacé par Gaston Bachelard. Soixante-dix ans plus tard, les estampes sont toujours là. Galerie Lelong, jusqu’au 11 juin.